Aujourd'hui, je vais vous parler de "Chez nous" de Carson Ellis, que Charlotte m'a offert à Noël. C'est marrant de se voir offrir un album à Noël par sa propre fille. Il est arrivé bien des fois que ce soit le contraire. C'est pour moi un signe fort qu'elle me connait bien. Et que c'est elle qui brille au-dessus de moi. Mais on n'a aucun doute là-dessus.
Ce magnifique livre nous emmène dans les logis de tout un tas de personnages, un forgeron, un raton-laveur, une princesse slovaque, des sélénites, un dieu nordique, tous ont un chez-soi qui leur ressemble. Il y a plein de choses à regarder car les dessins fourmillent de détails. C'est tout ce que j'aime. A la fin, on arrive dans la maison de l'illustratrice elle-même? Et ça se termine par une question "Et chez toi, c'est comment?"
La question du chez soi, du foyer, de la maison en général a toujours été pour moi un thème central, voir une obsession. Voilà qui vient nourrir cette passion et donne mille idées non?
mardi 26 juillet 2016
mercredi 13 juillet 2016
William Mc Bonne-Vue regarde un tigre
Cet été, j'ai décidé de vous faire partager mes découvertes ou mes vieilles amours en littérature de jeunesse.
Pour le premier billet de cette série, j'ai choisi de vous présenter un livre unique et précieux car, comme certains d'entre vous le savent déjà, ce livre, c'est celui de Charlotte, ma fille, étudiante en illustration à l'Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles (ARBA).
C'était très intéressant de discuter avec elle pour préparer cet article, de la genèse du projet jusqu'à son aboutissement, comment fabrique-t-on un album?
Q: Comment t'est venue l'idée de ce livre?
Charlotte: Je voulais parler d'une rencontre entre des explorateurs et un animal sauvage. Je n'avais pas prévu de tigre au début. Et je voulais introduire un objet qui permettait d'avoir une certaine vision de la jungle. C'est pour ça qu'il y a une longue-vue.
Q: Est-ce que tu avais écrit l'histoire avant de faire les dessins?
C: Non, j'écris en même temps que je dessine. Avec des va-et-vient. Par exemple le texte de la première page a été écrit en dernier, pour reprendre l'allusion au théâtre de la dernière page où le personnage sort de scène.
Q: Parle-moi des illustrations, comment fais-tu?
C: Jamais de crayon à papier, je peins directement à l'acrylique, en passant d'abord une couche de couleur sur toute la surface pour qu'il n'y ai jamais de blanc. Puis il y a parfois des couches de couleur qu'on ne voit pas mais qui apparaissent sous d'autres. L'avantage de la peinture c'est qu'on peut repasser sur ce qu'on a fait pour améliorer ou changer des détails. Puis il y a des collages et des parties au crayon.
Q: quels autres projets as-tu ?
C: J'aimerais bien travailler sur les chevaux, ceux qui ont des motifs folkloriques comme sur les manèges, mais le plus difficile c'est de trouver une idée d'histoire!
J'ajoute que ce livre va participer à un concours en Corée. Merci Charlotte d'avoir accepté de figurer sur ce blog!
Pour le premier billet de cette série, j'ai choisi de vous présenter un livre unique et précieux car, comme certains d'entre vous le savent déjà, ce livre, c'est celui de Charlotte, ma fille, étudiante en illustration à l'Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles (ARBA).
C'était très intéressant de discuter avec elle pour préparer cet article, de la genèse du projet jusqu'à son aboutissement, comment fabrique-t-on un album?
Q: Comment t'est venue l'idée de ce livre?
Charlotte: Je voulais parler d'une rencontre entre des explorateurs et un animal sauvage. Je n'avais pas prévu de tigre au début. Et je voulais introduire un objet qui permettait d'avoir une certaine vision de la jungle. C'est pour ça qu'il y a une longue-vue.
Q: Est-ce que tu avais écrit l'histoire avant de faire les dessins?
C: Non, j'écris en même temps que je dessine. Avec des va-et-vient. Par exemple le texte de la première page a été écrit en dernier, pour reprendre l'allusion au théâtre de la dernière page où le personnage sort de scène.
Q: Parle-moi des illustrations, comment fais-tu?
Q: quels autres projets as-tu ?
J'ajoute que ce livre va participer à un concours en Corée. Merci Charlotte d'avoir accepté de figurer sur ce blog!
samedi 2 juillet 2016
Je voulais vous dire...
Chers parents des élèves de ma classe,
L'année s'achève et mardi je vous rendrai vos enfants pour l'été. Puisque sur 26 élèves il y en a bien la moitié dont je n'ai jamais vu les parents en rendez-vous, je vous écris ce message car il faut que vous sachiez...
Il faut que vous sachiez que parfois votre enfant n'est pas forcément celui que vous connaissez chez vous.
Qu'il ment aussi parfois, quand il s'agit de justifier une absence en disant "j'ai eu mal au ventre" alors qu'on sait très bien que vous avez fait la fête la veille et que vous ne vous êtes pas levé pour emmener le petit à l'école.
Qu'il vous accuse aussi parfois de ne pas vouloir signer "le mot qui dit qu'il faut des chaussures de gym" alors qu'il a simplement oublié de vous le montrer.
Qu'il invente que le cahier est resté chez mamie et que mamie est partie en vacances alors que vous me dites plus tard que le cahier était sous le canapé...Votre enfant est parfois violent, grossier, brutal, insolent. Il faut le savoir.
Je dois vous dire que je me fâche souvent après certains mais que ni lui ni moi ne sommes rancunier. Savez-vous que vous élevez bien trop souvent des enfants-rois que je passe ma journée à faire descendre de leur piédestal? Je dois avouer aussi que je suis vraiment excédée de voir les cahiers non signés, le travail à finir à la maison revenir intact mais avec votre signature, les trousses vides alors que je demande d'y remettre du matériel. Je sais que les cartables restent parfois fermés tout le weekend (on n' a pas eu le temps de faire les devoirs!). Dernièrement, encore, je me suis moquée de moi-même d'être si naïve: je vous ai envoyé par email toutes les photos de notre sortie de fin d'année (et ça m'a pris un temps fou de récupérer toutes les adresses) et je n'ai eu qu'une SEULE réponse me remerciant (sur 26).
Moi aussi j'ai mes faiblesses. J'ai sur mon bureau une pile de copies de géométrie que je ne corrigerai PAS. Et, autre confidence, la note en dictée de votre chérubin est le cadet de mes soucis (alors que pour vous, la DICTEE reste l'exercice souverain).
Mais je veux que vous sachiez aussi que je m'efforce d'accueillir votre enfant tous les jours avec le sourire, et ce, 180 jours par an, même si parfois, ça me coûte. Comme il me coûte aussi de rester de marbre devant les petits chagrins que seule une maman peut consoler (jamais de câlin à l'école...). Que j'adore passer du temps en petit groupe à lire avec eux, que j'adore les voir faire des arts plastiques. Je dois dire aussi que j'ai l'impression parfois de ne pas être à la hauteur de leurs difficultés, que j'ai l'impression d'en laisser sur le bord de la route. Et pourtant, je reviens tous les matins à 7 h piles dans ma classe pour tout préparer et que les yeux des enfants sourient. TOUS LES JOURS.
Chers parents, vous m'avez confié votre enfant, pour passer avec lui 6 heures par jour, et la moitié d'entre vous ne m'a jamais rencontrée. Comment pouvez-vous laisser ce que vous avez de plus cher à une inconnue sans jamais venir la rencontrer? Parfois ça me laisse songeuse...
Alors chers parents, si cela vous intéresse un peu, sachez que je suis heureuse d'avoir eu votre enfant dans ma classe cette année, que je ne suis pas dupe, ses petits mensonges pour couvrir vos faiblesses de parents sont transparents, et que je me doute que vous racontez plein de trucs méchants sur mon compte (et sur mes collègues) à la sortie. M'en fiche complètement. Merci de m'avoir prêté vos enfants pendant une année scolaire, maintenant je vous les rends, car, n'oubliez pas, ce sont VOS enfants.
Mardi je referme la porte de ma classe et pour fêter ça et être sûr de vraiment les quitter, j'ai mis vos enfants dans une fusée et je les ai envoyé dans l'espace.
L'année s'achève et mardi je vous rendrai vos enfants pour l'été. Puisque sur 26 élèves il y en a bien la moitié dont je n'ai jamais vu les parents en rendez-vous, je vous écris ce message car il faut que vous sachiez...
Il faut que vous sachiez que parfois votre enfant n'est pas forcément celui que vous connaissez chez vous.
Qu'il ment aussi parfois, quand il s'agit de justifier une absence en disant "j'ai eu mal au ventre" alors qu'on sait très bien que vous avez fait la fête la veille et que vous ne vous êtes pas levé pour emmener le petit à l'école.
Qu'il vous accuse aussi parfois de ne pas vouloir signer "le mot qui dit qu'il faut des chaussures de gym" alors qu'il a simplement oublié de vous le montrer.
Qu'il invente que le cahier est resté chez mamie et que mamie est partie en vacances alors que vous me dites plus tard que le cahier était sous le canapé...Votre enfant est parfois violent, grossier, brutal, insolent. Il faut le savoir.
Je dois vous dire que je me fâche souvent après certains mais que ni lui ni moi ne sommes rancunier. Savez-vous que vous élevez bien trop souvent des enfants-rois que je passe ma journée à faire descendre de leur piédestal? Je dois avouer aussi que je suis vraiment excédée de voir les cahiers non signés, le travail à finir à la maison revenir intact mais avec votre signature, les trousses vides alors que je demande d'y remettre du matériel. Je sais que les cartables restent parfois fermés tout le weekend (on n' a pas eu le temps de faire les devoirs!). Dernièrement, encore, je me suis moquée de moi-même d'être si naïve: je vous ai envoyé par email toutes les photos de notre sortie de fin d'année (et ça m'a pris un temps fou de récupérer toutes les adresses) et je n'ai eu qu'une SEULE réponse me remerciant (sur 26).
Moi aussi j'ai mes faiblesses. J'ai sur mon bureau une pile de copies de géométrie que je ne corrigerai PAS. Et, autre confidence, la note en dictée de votre chérubin est le cadet de mes soucis (alors que pour vous, la DICTEE reste l'exercice souverain).
Mais je veux que vous sachiez aussi que je m'efforce d'accueillir votre enfant tous les jours avec le sourire, et ce, 180 jours par an, même si parfois, ça me coûte. Comme il me coûte aussi de rester de marbre devant les petits chagrins que seule une maman peut consoler (jamais de câlin à l'école...). Que j'adore passer du temps en petit groupe à lire avec eux, que j'adore les voir faire des arts plastiques. Je dois dire aussi que j'ai l'impression parfois de ne pas être à la hauteur de leurs difficultés, que j'ai l'impression d'en laisser sur le bord de la route. Et pourtant, je reviens tous les matins à 7 h piles dans ma classe pour tout préparer et que les yeux des enfants sourient. TOUS LES JOURS.
Chers parents, vous m'avez confié votre enfant, pour passer avec lui 6 heures par jour, et la moitié d'entre vous ne m'a jamais rencontrée. Comment pouvez-vous laisser ce que vous avez de plus cher à une inconnue sans jamais venir la rencontrer? Parfois ça me laisse songeuse...
Alors chers parents, si cela vous intéresse un peu, sachez que je suis heureuse d'avoir eu votre enfant dans ma classe cette année, que je ne suis pas dupe, ses petits mensonges pour couvrir vos faiblesses de parents sont transparents, et que je me doute que vous racontez plein de trucs méchants sur mon compte (et sur mes collègues) à la sortie. M'en fiche complètement. Merci de m'avoir prêté vos enfants pendant une année scolaire, maintenant je vous les rends, car, n'oubliez pas, ce sont VOS enfants.
Mardi je referme la porte de ma classe et pour fêter ça et être sûr de vraiment les quitter, j'ai mis vos enfants dans une fusée et je les ai envoyé dans l'espace.
Bonnes vacances!!
mercredi 25 mai 2016
Maman et moi
| Maman et moi |
Je m'étais promis d'être un peu plus présente sur le blog, et heureusement que la fête des mères arrive ce dimanche. Ça me permet d'écrire un petit billet sur le sujet. D'année en année, je simplifie les écrits. Avant, je faisais faire tout un texte, on lisait tout un tas de livres pour l'inspiration, comme "Ma maman est fantastique" ou "Mummy do you love me?" traduit en simultané par moi (car envoyé par ma chère amie Noëlle! Love that book!) et de là, 1, 2, 3 partez, ils se lançaient dans des séances d'écritures endiablées et je ne les arrêtais plus.
Non, en fait ça n'est jamais vraiment arrivé. Ecrire pour maman a toujours été une belle corvée pour certains.
Cette année, fidèle à moi-même, je m'y prends bien tôt pour ne pas galoper la dernière semaine. On écrit ensemble des idées sur notre tableau et hop là, on complète des minis feuilles avec des phrases. Pas plus grandes qu'un écran de smartphone, modernité oblige. 4 mini pages. Un mini-accordéon.
-"Et on ne recopie pas les fautes, non, on regarde bien ce que maîtresse a corrigé.
-Non, je n'ai pas écrit "guilis" sans u, regarde bien.
-Tu as fait dépasser le "x" de gâteaux sur la page d'à côté, comment on va faire maintenant?
-Tu es sûre que tu veux vraiment écrire que maman fait la vache?
-Ben dis-donc, tu ne t'es pas trop fatigué, tu as fait 4 fois le même dessin.
-Nooon pas de fluo, j'ai dit PAS de FLUO.
-Hey là! pas des coeurs partout! on ne voit plus ce que tu as écrit en dessous!
-Comment ça tu ne retrouves pas ton brouillon? Ah c'est elle qui te l'a pris? bah vous n'avez qu'à écrire la même chose, tant pis.
-Chou-pi-nette, bon, ok, c'est ça que tu veux mettre pour compléter la phrase "maman est..., ah, entendu, alors, 2 t à Choupinette"
NORMAL QUOI. (Et moi je me marre intérieurement)
C'est plutôt chou ce qu'ils ont fait cette année. Les mamans vont être contentes.
dimanche 1 mai 2016
size matters (tout est une question de taille)
La seconde école que nous avons visitée, Memorial Spaulding était de la même veine que la première. Ma mémoire tend à tout mélanger entre ces 2 écoles, car c'était le même enchantement quant à la gestion de classe, la fluidité de ce qui s'y passe. On y a vu une séance d'EPS avec les grandes sections, dans laquelle la prof (enseignante d'éducation physique spécialisée) armée de son Iphone, faisait tourner ses ateliers de lancers en mettant de la musique. Quand la musique s'arrête, les petits s'assoient à côté de leur plot et là-encore, on assiste à des échanges constructifs sur le sens de l'activité, puis, sur le contenu du déjeuner: "Qui a un fruit dans son sac à pique-nique?". S'ensuit une conversation rapide sur les bien-faits des fruits. On serait bien restées, nous à faire des ateliers de lancers avec Jennifer.
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| Angier elementary |
L'école est imposante et....toute neuve. Neuve au point de ne pas avoir le droit d'afficher quoique ce soit sur les murs avant un an car la peinture est encore fraiche.
L'école a ouvert en janvier, alors que l'ancien batiment était classé sur la liste des 10 batiments scolaires les plus vétustes de l'état du Massachusetts. Donc rasé. Et voilà ce qui a poussé à la place.
Inutile de vous décrire l'intérieur, les photos parlent d'elles-mêmes. Des halls immenses, une salle de musique, une salle multimédia équipées d'ordi Apple, des vitrines pour exposer les créations artistiques, une immense cafétéria.
Et les classes. Mazette les classes.
Encore une fois, les enseignantes ont pris le temps de discuter avec nous, d'échanger. Et nous, on n'arrivait pas à détacher nos yeux de ces classes, essayant mentalement de mesurer les mètres carrés de ces endroits si bien pensés: des placards cachés derrière des tableaux blancs coulissants. Des coins regroupement suffisamment grands pour que chacun y trouve sa place sans se gêner, des tables en U pour mener du travail de groupe. Des îlots de tables là où nous avons des rangs.
De l'espace, de l'espace, même à l’extérieur des classes dans de grands casiers et sur des tables pour travailler en autonomie.
Angier Elementary nous aura marquées par sa grandeur.
Et par la gentillesse de ses enseignants.
Après la visite de cette 3ème école, nous sommes reparties vers notre point de départ.
Nous avons été invitées à déjeuner par l'équipe locale de Responsive Classroom. On serait bien restées là à discuter avec ces personnes, et même travailler avec ces personnes. Pour un peu, on se serait cachées dans un placard pour ne pas avoir à repartir.
mercredi 27 avril 2016
le ballet
Première étape de notre voyage à Newton, l'école Mason Rice où nous arrivons au moment de l'accueil. On croise, comme chez nous des papas et des mamans pressés qui amènent leurs enfants.
Petite surprise à l'entrée, une annonce faite dans le haut parleur de l'école nous souhaite la bienvenue, à nous, les enseignantes françaises.
Et puis on nous emmène dans une classe de CP, dans laquelle les élèves vaquent à leurs occupations de l'accueil: certains jouent, d'autres font des fiches, d'autres ont des casques sur les oreilles et manipulent des Ipads. Et puis il y a l'enseignant, un grand et beau gars en cravate et en chaussettes à rayures qui, d'un geste rassemble ses petits pour le Morning meeting.
On assiste alors, bouche bée, à une sorte de ballet, parfaitement maitrisé de ce que moi j'essaie de faire tous les matins avec mes 26 élèves mais qui ne se passe pas du tout aussi bien.
En rond, les enfants sont invités à se lever un par un et à venir saluer la classe en faisant un petit pas de danse. Même le petit bonhomme en fauteuil roulant avance au centre du cercle et remue ses bras en disant "good morning class 4!. Puis c'est à l'enseignant de saluer sa classe et de se mettre à danser devant nos yeux éberlués. Les enfants rigolent, puis retour au calme, immédiatement.
C'est maintenant le moment du message sur le tableau: "pensez-vous que le lait au chocolat est meilleur pour la santé que le lait nature?". La question est posée, et l'enseignant demande aux enfants de réfléchir seul à ce qu'ils vont dire. Puis d'un geste imperceptible, il demande aux enfants de se tourner vers leur partenaire, celui qui est assis juste à côté de lui, et ils se mettent à discuter et à expliquer leur point de vue (et pas du match d'hier ou de ce qu'on mange à midi). Enfin, les voilà qui se remettent en cercle et chacun leur tour, ils expliquent leur point de vue. Ils ARGUMENTENT et ils ne sont qu'au CP. Mazette. Aucun n'a coupé la parole. Aucun n'a crié (moi, ils crient), aucun n'a parlé en même temps qu'un autre. Je pense que je vais défaillir devant tant de discipline. Finalement, le maître reprend tout ce qui vient d'être dit et résume ce qui vient d'être dit.
Et nous, on est là, assise, et on pleure. D'envie. D'être dans cette classe et d'avoir ce maitre aux chaussettes rayées comme copain. Ou comme enseignant.
Puis le festival continue, une leçon de lecture, etc et nous on est invitées à sortir pour aller voir d'autres classes.
On discute ensuite avec le directeur de l'école (avec sa cravate pédagogique décorée de stylos et de cahiers), puis avec deux jeunes enseignantes qui prennent sur leur temps (pendant que leurs élèves sont en arts plastiques avec un prof dédié à cette matière) pour discuter avec nous.
Et pour finir, à moins que ma mémoire ne m'embrouille et que ce ne soit dans une autre école, on assiste à la visite d'un auteur de roman pour la jeunesse qui échange avec 2 classes de CE2 dans la bibliothèque de l'école.
Cette première école nous a conquises. On y serait bien restée.
Mais nous voilà repartie vers une autre école!
mardi 26 avril 2016
le voyage extraordinaire
Boom, juste comme ça, me voilà revenue de Boston, Cambridge et Newton. J'ai tourné et retourné cet article dans ma tête avant de pouvoir commencer à raconter.
Je vous passe mon basculement inévitable d'une vie à l'autre, ce sentiment étrange quand je voyage de ne plus savoir qui je suis vraiment et où j'appartiens. Rien ne change.
Mais quand même. Ce voyage-là a eu quelque chose d'extraordinaire. Bien au-delà de ce que j'en espérais. Tellement plus que ça.
Ma copine Nelly et moi avons bien fait de partir à deux. Ce que nous avons vu mérite bien d'avoir eu deux témoins pour être sûres que ce n'était pas des mirages (pédagogiques).
Ce billet n'est donc qu'une introduction à une série d'articles sur le sujet.
Retour en arrière: l'année passée, je me suis demandée comment organiser ce moment de regroupement dans ma classe le matin. Vous vous souvenez de cet article? En achetant ce livre, "The morning meeting book", je trouvai un sens à cette séance, et puis, aussi, un sens à bien plus que ça. En farfouillant sur internet, je trouve l'approche "the Responsive Classroom" qui se définit comme une approche émotionnelle et sociale des apprentissages et qui édite des ouvrages donc. J'ai écrit au site internet et ai été mise en contact avec les écoles de Newton dans le Massachusetts (car bien sûr, je savais que j'avais un point de chute là-bas), qui, de fil en aiguille, nous ont concocté une journée mémorable de visites d'écoles et de classes qui utilisent cette approche.
Arrivée à 8 h à l'Educational Center de Newton, qui héberge aussi une école maternelle.
Et de là, départ pour le voyage extraordinaire.
Dans le prochain épisode, je vous raconterai comment un instit en chaussettes rayées à changé nos rêves d'enseignantes.
Je vous passe mon basculement inévitable d'une vie à l'autre, ce sentiment étrange quand je voyage de ne plus savoir qui je suis vraiment et où j'appartiens. Rien ne change.
Mais quand même. Ce voyage-là a eu quelque chose d'extraordinaire. Bien au-delà de ce que j'en espérais. Tellement plus que ça.
Ma copine Nelly et moi avons bien fait de partir à deux. Ce que nous avons vu mérite bien d'avoir eu deux témoins pour être sûres que ce n'était pas des mirages (pédagogiques).
Ce billet n'est donc qu'une introduction à une série d'articles sur le sujet.
Retour en arrière: l'année passée, je me suis demandée comment organiser ce moment de regroupement dans ma classe le matin. Vous vous souvenez de cet article? En achetant ce livre, "The morning meeting book", je trouvai un sens à cette séance, et puis, aussi, un sens à bien plus que ça. En farfouillant sur internet, je trouve l'approche "the Responsive Classroom" qui se définit comme une approche émotionnelle et sociale des apprentissages et qui édite des ouvrages donc. J'ai écrit au site internet et ai été mise en contact avec les écoles de Newton dans le Massachusetts (car bien sûr, je savais que j'avais un point de chute là-bas), qui, de fil en aiguille, nous ont concocté une journée mémorable de visites d'écoles et de classes qui utilisent cette approche.
Arrivée à 8 h à l'Educational Center de Newton, qui héberge aussi une école maternelle.
Et de là, départ pour le voyage extraordinaire.
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| Dans les couloirs de l'Educational center de Newton |
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| Des fresques et des bas reliefs magnifiques |
Dans le prochain épisode, je vous raconterai comment un instit en chaussettes rayées à changé nos rêves d'enseignantes.
mercredi 2 mars 2016
100 jours et 100 ans
Hop, voilà les 100 jours d'école qui reviennent par là. Cette année, je me la joue solo avec ma classe, les collègues ont d'autres chats à fouetter. Je n'avais pas vraiment d'idée qui change un peu, car, n'oublions pas que ces enfants-là, à part quelques uns, ont DEJA fait la fête des 100 jours l'an passé.
J'avais vu sur internet des collègues qui utilisent une application sur leur Ipad pour vieillir une photo et imaginer à quoi on ressemblerait à 100 ans. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça dérangeant. Ça me suffit de me voir tous les matins dans mon mirroir!
Alors, grâce à mon tout nouveau vidéo projecteur en classe, on a regardé des photos de mamies et de papis grand format (choisis par moi sur internet, pour leur regard pétillant, leur mise en plis parfaite, leurs lunettes à chainette, leurs rides bien marquées, des têtes bien dégarnies et des vêtements bien vintage, et pas trop de sourires édentés).
Et puis on a fait la liste de leurs caractéristiques de mamie et papi âgé. J'avais même mis des photos de centenaires pas trop décatis qui soufflaient leurs 100 bougies (il y en a plein sur le net). Cheveux blancs, lunettes, rides (comme toi maitresse!) cou tout flasque, crâne chauve, et j'en passe. Il a fallu un peu se battre pour que chacun ne décrive pas SA mamie (leurs mamies toutes nées dans les année 50, donc pas si mamies que ça, enfin, pas centenaires). Et puis après, j'ai évidemment bien rigolé. Et voici quelques-uns de leurs portaits à 100 ans.
J'ai quand même plongé avec malice dans ce thème-là: Comment serez-vous à 100 ans?
Et j'ai laissé les bambins écrire (ou pas, car comme vous le savez, écrire pour certains relève de l'impossible).
Parmi les textes, on trouve:
Quand j'aurais 100 ans...
-J'aurai les cheveux blancs.
-J'aurai une canne.
-J'aurai mal au dos.
-J'aurai des petits-enfants.
-Je serai toujours dans mon siège et je dirai à mes enfants de prendre soin de moi et aussi de m'emmener faire les courses, et je demanderai s'ils peuvent m'emmener dans mon siège.
-Je dormirai souvent et j'aurai sûrement des cheveux blancs.
-Je serai une MÉMÉ
-je serai dans mon fauteuil mais j'essaierai de marcher.
-Je m'occuperai de mes beaux-fils et de mes belles-filles.
-Je n'aurai plus mon permis et je serai à la retraite, je ne travaillerai plus et j'aurai des rides.
-Je dirai à mes enfants de se respecter et de se protéger.
-J'irai en maison de retraite et si j'ai des enfants, ils s'occuperont de ma maison et également de mon chien et j'espère qu'ils s'occuperont bien de ma maison.
-Je tricoterai une écharpe.
-Je me mettrai dans mon fauteuil pour regarder la télé.
Et surtout...surtout, ils ont presque tous écrit:
-J'aurai une femme de ménage
Lucides finalement.
J'avais vu sur internet des collègues qui utilisent une application sur leur Ipad pour vieillir une photo et imaginer à quoi on ressemblerait à 100 ans. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça dérangeant. Ça me suffit de me voir tous les matins dans mon mirroir!
Alors, grâce à mon tout nouveau vidéo projecteur en classe, on a regardé des photos de mamies et de papis grand format (choisis par moi sur internet, pour leur regard pétillant, leur mise en plis parfaite, leurs lunettes à chainette, leurs rides bien marquées, des têtes bien dégarnies et des vêtements bien vintage, et pas trop de sourires édentés).
Et puis on a fait la liste de leurs caractéristiques de mamie et papi âgé. J'avais même mis des photos de centenaires pas trop décatis qui soufflaient leurs 100 bougies (il y en a plein sur le net). Cheveux blancs, lunettes, rides (comme toi maitresse!) cou tout flasque, crâne chauve, et j'en passe. Il a fallu un peu se battre pour que chacun ne décrive pas SA mamie (leurs mamies toutes nées dans les année 50, donc pas si mamies que ça, enfin, pas centenaires). Et puis après, j'ai évidemment bien rigolé. Et voici quelques-uns de leurs portaits à 100 ans.
| CP |
J'ai quand même plongé avec malice dans ce thème-là: Comment serez-vous à 100 ans?
Et j'ai laissé les bambins écrire (ou pas, car comme vous le savez, écrire pour certains relève de l'impossible).
Parmi les textes, on trouve:
Quand j'aurais 100 ans...
-J'aurai les cheveux blancs.
-J'aurai une canne.
-J'aurai mal au dos.
-J'aurai des petits-enfants.
-Je serai toujours dans mon siège et je dirai à mes enfants de prendre soin de moi et aussi de m'emmener faire les courses, et je demanderai s'ils peuvent m'emmener dans mon siège.
-Je dormirai souvent et j'aurai sûrement des cheveux blancs.
-Je serai une MÉMÉ
-je serai dans mon fauteuil mais j'essaierai de marcher.
-Je m'occuperai de mes beaux-fils et de mes belles-filles.
-Je n'aurai plus mon permis et je serai à la retraite, je ne travaillerai plus et j'aurai des rides.
-Je dirai à mes enfants de se respecter et de se protéger.
-J'irai en maison de retraite et si j'ai des enfants, ils s'occuperont de ma maison et également de mon chien et j'espère qu'ils s'occuperont bien de ma maison.
-Je tricoterai une écharpe.
-Je me mettrai dans mon fauteuil pour regarder la télé.
Et surtout...surtout, ils ont presque tous écrit:
-J'aurai une femme de ménage
Lucides finalement.
dimanche 28 février 2016
De fil en aiguille
Il y a 8 ans, je commençais ce blog et j'avais posté ce billet-là. C'était des petits projets coutures qu'on faisait Emma et moi, elle avait 9 ans. Et ce jour-là, quelque chose a été semé.
Puis quelques années plus tard, elle s'est mise à vouloir se faire ses vêtements. Seule. devant sa (ma) machine à coudre, elle a appris. C'est devenu une activité dévorante, passionnante. Au point que l'idée a germé de peut-être, un jour en faire son métier.
C'est vers ESMOD qu'Emma s'est tournée. Portes ouvertes, lettre de motivation, dossier et finalement, entretien, à Bordeaux la semaine dernière.
Et que nous en sommes reparties, une admission en poche, après une heure d'entretien.
Ce qui a plu? Emma. Avec son incroyable détermination. Et ce petit "book", dont voici quelques pages, qui la représente.
Puis quelques années plus tard, elle s'est mise à vouloir se faire ses vêtements. Seule. devant sa (ma) machine à coudre, elle a appris. C'est devenu une activité dévorante, passionnante. Au point que l'idée a germé de peut-être, un jour en faire son métier.
C'est vers ESMOD qu'Emma s'est tournée. Portes ouvertes, lettre de motivation, dossier et finalement, entretien, à Bordeaux la semaine dernière.
Et que nous en sommes reparties, une admission en poche, après une heure d'entretien.
Ce qui a plu? Emma. Avec son incroyable détermination. Et ce petit "book", dont voici quelques pages, qui la représente.
jeudi 25 février 2016
En mission
Il y a un an, dans ce billet, je vous faisais part de ce que je voulais vraiment. Je devais être à un moment un peu creux de l'année, en fait ça m'arrive souvent en février. L'hiver a été assez long comme ça et pour survivre, je fais plein de rêves.
L'année dernière donc, je vous ai dit que ce que je voulais vraiment, c'est partir, voir ailleurs. Cette idée ne m'a pas lâchée, et encore moins cette année car ma classe est difficile et me force à me me poser plein de questions. Que faire, comment faire, et si on faisait autrement?
L'Education nationale ne permet pas de rêve. Il faut aller les chercher nous mêmes pour trouver un peu d'inspiration et d'enthousiasme. Lors de ma dernière inspection, j'avais fait part de mon envie d'aller me former ailleurs, voir d'autres façons de faire, et mon inspectrice, très à l'écoute en apparence, m'a suggéré de m'impliquer dans le projet COMMENIUS, mais je crois qu'elle n'a pas bien compris ce que je voulais.
Qu'à cela ne tienne,je pars. Sans aide financière, sans encouragements de la part de ma hiérarchie et sur mon temps de vacances, je pars et j'emmène avec moi ma collègue Nelly qui y croit aussi. Qui croit comme moi qu'on peut faire les choses autrement, s'ouvrir à d'autres approches pédagogiques et qui surtout, se sent enfermée dans sa classe, avec toutes les difficultés possibles et imaginables, comme moi. On ne va pas en rester là.
Nous partons donc et allons découvrir "the responsive classroom approach" à Newton dans le Massachussets , une approche pédagogique présente dans ce livre que j'utilise pour mon regroupement du matin. Ce ne sera pas suffisant pour qu'on devienne des expertes, mais, qui sait? Ce n'est peut-être qu'un début!
Stay tuned! On vous racontera TOUT!
L'année dernière donc, je vous ai dit que ce que je voulais vraiment, c'est partir, voir ailleurs. Cette idée ne m'a pas lâchée, et encore moins cette année car ma classe est difficile et me force à me me poser plein de questions. Que faire, comment faire, et si on faisait autrement?
L'Education nationale ne permet pas de rêve. Il faut aller les chercher nous mêmes pour trouver un peu d'inspiration et d'enthousiasme. Lors de ma dernière inspection, j'avais fait part de mon envie d'aller me former ailleurs, voir d'autres façons de faire, et mon inspectrice, très à l'écoute en apparence, m'a suggéré de m'impliquer dans le projet COMMENIUS, mais je crois qu'elle n'a pas bien compris ce que je voulais.
Qu'à cela ne tienne,je pars. Sans aide financière, sans encouragements de la part de ma hiérarchie et sur mon temps de vacances, je pars et j'emmène avec moi ma collègue Nelly qui y croit aussi. Qui croit comme moi qu'on peut faire les choses autrement, s'ouvrir à d'autres approches pédagogiques et qui surtout, se sent enfermée dans sa classe, avec toutes les difficultés possibles et imaginables, comme moi. On ne va pas en rester là.
Nous partons donc et allons découvrir "the responsive classroom approach" à Newton dans le Massachussets , une approche pédagogique présente dans ce livre que j'utilise pour mon regroupement du matin. Ce ne sera pas suffisant pour qu'on devienne des expertes, mais, qui sait? Ce n'est peut-être qu'un début!
Stay tuned! On vous racontera TOUT!
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