Il devait bien y avoir un truc en-dessous du chapeau de ce petit gars dans le dessin précédent. J'y ai réfléchi un peu, et je voulais qu'il en sorte des tas d'objets, comme si c'était l'inventaire de ses pensées, un genre d'ATLAS vous voyez.
Mais ce ne sont que des poissons. Va pour les poissons.
Décembre arrive à grand pas, et Noël avec. Il y a bien longtemps qu'on ne met plus un pied dans les magasins de jouets mais ça ne résout pas le problème des cadeaux. C'est si dur.
Tiens, je vais demander à mes élèves ce qu'ils veulent à Noël. Non que je veuille m'en inspirer, mes enfants étant désormais bien grands. Je retarde le plus possible la discussion autour de Noël dans ma classe, à cause de LA GROSSE QUESTION naturellement.
Noël va sans doute leur donner plein de pensées positives. L'infirmière, qui est venue faire la visite annuelle des enfants de CE1 m'a révélé quelques petits et graves secrets sur ces enfants. Oui, bien sûr certains ont des poux, d'autres ne se lavent jamais les dents, d'autres encore ne prennent pas de petit déjeuner, mais surtout, surtout, beaucoup ont des angoisses qui dépassent l'entendement, sur la mort, la perte d'un être cher, peur de ne pas retrouver papa après sa semaine de routier, peur de quitter maman le soir au point de s'endormir avec elle.
Oui, je crois que Noël sera bienvenu.
jeudi 28 novembre 2013
jeudi 21 novembre 2013
sketchbook # 8 : par grand vent
Voyons voyons, qu'est-ce qu'on a là. C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui cherche son chemin. Il a mis sa toque assortie à son manteau en tweed chic mais il y a du vent (c'est un pays de moulins) et la carte s'envole. Que n'avait-il pas un ATLAS de poche pour trouver son chemin.
J'ai mis un peu de doré pour faire plus festif. L'idée des fêtes approche. En rentrant de l'école la semaine dernière, j'ai vu un sapin décoré qui clignotait dans une maison. Ça m'a paru complètement décalé, hors saison. Moi je n'y suis pas du tout. Mais ça viendra, et ça repartira. Les enfants de l'école n'en soufflent pas mot pour le moment.
Le CE1 est une classe charnière, c'est la classe où 2 camps s'opposent: ceux qui croient et ceux qui ne croient plus. Moi, je ne dis rien. Ou alors je dis qu'il y a toujours un peu de magie à Noël.
Mettez dans la mêlée un petit paquet de 6 CP et je pense qu'on va bien s'amuser.
vendredi 15 novembre 2013
Les pieds sur terre
Retour à la réalité de la classe ce matin.
J'aime bien vous montrer ce que font les élèves de CE1 (début). J'aime bien parce que les médias qui nous assassinent régulièrement ne montrent pas la réalité du terrain. J'aime bien aussi parce que les quelques lecteurs de ce blog qui sont à l'étranger ne savent peut-être pas ce qu'on fait dans les écoles françaises.
Et puis j'aime bien parce que les gens qui ne sont pas enseignants ne se souviennent plus de quand ils étaient en CE1. Même moi je ne me rappelle plus.
Au début du CE1, quand on n'a que 6 ou déjà 7 ans, rien n'est facile. Le français n'est pas facile, sacrée langue avec tous ces graphèmes, ces lettres muettes.
Moi je ne me rappelle plus comment j'ai appris à lire, ni à écrire. Alors je ne sais pas comment on fait. C'est bizarre d'entendre ça de la part d'une maîtresse de CP/CE1, n'est-ce pas? J'ai appris très tardivement (il y a moins de 5 ans!) que je suis entrée au CP en sachant déjà lire. Ah bon? Bah comment j'ai fait ça? Aucune idée, aucun souvenir. Ça me manque un peu de ne pas savoir comment j'ai fait. Je ne me rappelle pas avoir eu du mal. Alors c'est dur pour moi de voir tous ces petits avec tant de difficultés.
Ils écrivent. Avec la musique de la BO du film Mission vous vous rappelez? Aujourd'hui, j'ai senti pour la première fois qu'ils étaient vraiment dedans. Et les CP aussi, même s'ils recopient des petits morceaux de leur manuel de lecture.
Certains m'ont dit: cette fois, mon texte est fini, vraiment fini. J'ai promis de les taper à l'ordi pour les mettre dans un recueil. Pour certains, ça fait au moins 4 semaines qu'ils travaillent sur ce texte, 4 semaines! J'en ai rapporté quelques uns à la maison, et je me suis dit que j'allais les mettre sur le blog.
Je suis vraiment contente d'eux, car sachez que ces petits-là font partis de ceux qui dessinent des moustaches roses au loup.
Ne jugez pas, l'important est qu'ils ont eu du plaisir à écrire ce qu'ils veulent, et surtout sans se soucier des fautes (c'est moi qui recopierai), parce que c'est en écrivant qu'on devient écrivain non?
J'aime bien vous montrer ce que font les élèves de CE1 (début). J'aime bien parce que les médias qui nous assassinent régulièrement ne montrent pas la réalité du terrain. J'aime bien aussi parce que les quelques lecteurs de ce blog qui sont à l'étranger ne savent peut-être pas ce qu'on fait dans les écoles françaises.
Et puis j'aime bien parce que les gens qui ne sont pas enseignants ne se souviennent plus de quand ils étaient en CE1. Même moi je ne me rappelle plus.
Au début du CE1, quand on n'a que 6 ou déjà 7 ans, rien n'est facile. Le français n'est pas facile, sacrée langue avec tous ces graphèmes, ces lettres muettes.
Moi je ne me rappelle plus comment j'ai appris à lire, ni à écrire. Alors je ne sais pas comment on fait. C'est bizarre d'entendre ça de la part d'une maîtresse de CP/CE1, n'est-ce pas? J'ai appris très tardivement (il y a moins de 5 ans!) que je suis entrée au CP en sachant déjà lire. Ah bon? Bah comment j'ai fait ça? Aucune idée, aucun souvenir. Ça me manque un peu de ne pas savoir comment j'ai fait. Je ne me rappelle pas avoir eu du mal. Alors c'est dur pour moi de voir tous ces petits avec tant de difficultés.
| une histoire de dragon, de Cars et de Turbo. |
| une histoire de maison en feu un jour de grand vent. |
| La rencontre de Barbie et de "QUEN" |
| Où l'on apprend ce qu'on fait au basket. |
Ils écrivent. Avec la musique de la BO du film Mission vous vous rappelez? Aujourd'hui, j'ai senti pour la première fois qu'ils étaient vraiment dedans. Et les CP aussi, même s'ils recopient des petits morceaux de leur manuel de lecture.
Certains m'ont dit: cette fois, mon texte est fini, vraiment fini. J'ai promis de les taper à l'ordi pour les mettre dans un recueil. Pour certains, ça fait au moins 4 semaines qu'ils travaillent sur ce texte, 4 semaines! J'en ai rapporté quelques uns à la maison, et je me suis dit que j'allais les mettre sur le blog.
Je suis vraiment contente d'eux, car sachez que ces petits-là font partis de ceux qui dessinent des moustaches roses au loup.
Ne jugez pas, l'important est qu'ils ont eu du plaisir à écrire ce qu'ils veulent, et surtout sans se soucier des fautes (c'est moi qui recopierai), parce que c'est en écrivant qu'on devient écrivain non?
mercredi 13 novembre 2013
sketchbook #7 : sans carte ni atlas
Revoilà les naufragés du navire "le Goéland", journal du Capitaine Kerlaïc, en bien mauvaise posture assurément.
Ceux-là même qui avaient déjà été sauvés de l'oubli l'an passé à la brocante de Poitiers se retrouvent sans carte ni atlas. Perdu au milieu de l'océan. Faut pêcher pour manger. Et les poissons ne se laissent pas faire.
C'était drôle de faire ce dessin. Je n'ai jamais de véritable intention quand je commence. Et là, il y a ce passage du texte que j'ai laissé apparent en haut à droite, et qui raconte comment la nature a toujours le dessus sur l'homme malgré ses puissantes inventions.
Voilà pourquoi.
Il commence à faire froid. Brrr j'aime pas ça.
Sachez que je vois venir sur moi une petite vague de désespoir avec ma classe. Je me réjouis d'être à temps partiel car je peux m'amuser un peu dans mon carnet. Les journées à l'école ne sont pas toujours rigolotes elles.
La seule façon de se tirer de tout ça est de faire des projets.
Hey hey, ne devinez-vous pas ce qui se trame par chez nous?
Ne croyez-vous pas qu'il est grand temps que j'aille dire bonjour à mes chers parents américains et à mes amies ?
Ne croyez-vous pas qu'il serait intéressant d'aller voir directement sur place la bibliothèque qui organise le "Sketchbook project"? Et de voir si nos carnets y sont bien?
Vous savez bien de quoi je parle. Incorrigibles. Ici, dans cette famille, on l'est tous.
Ceux-là même qui avaient déjà été sauvés de l'oubli l'an passé à la brocante de Poitiers se retrouvent sans carte ni atlas. Perdu au milieu de l'océan. Faut pêcher pour manger. Et les poissons ne se laissent pas faire.
C'était drôle de faire ce dessin. Je n'ai jamais de véritable intention quand je commence. Et là, il y a ce passage du texte que j'ai laissé apparent en haut à droite, et qui raconte comment la nature a toujours le dessus sur l'homme malgré ses puissantes inventions.
Voilà pourquoi.
Il commence à faire froid. Brrr j'aime pas ça.
Sachez que je vois venir sur moi une petite vague de désespoir avec ma classe. Je me réjouis d'être à temps partiel car je peux m'amuser un peu dans mon carnet. Les journées à l'école ne sont pas toujours rigolotes elles.
La seule façon de se tirer de tout ça est de faire des projets.
Hey hey, ne devinez-vous pas ce qui se trame par chez nous?
Ne croyez-vous pas qu'il est grand temps que j'aille dire bonjour à mes chers parents américains et à mes amies ?
Ne croyez-vous pas qu'il serait intéressant d'aller voir directement sur place la bibliothèque qui organise le "Sketchbook project"? Et de voir si nos carnets y sont bien?
Vous savez bien de quoi je parle. Incorrigibles. Ici, dans cette famille, on l'est tous.
jeudi 7 novembre 2013
mercredi 6 novembre 2013
On n'a jamais fini
Les loups ont regagné leur forêt et c'est tant mieux. Le petit chaperon rouge itou. Pas déçue de le laisser partir celui-là.
Nous n'en avons pas fini avec les loups mais on ne les verra plus en peinture. Aller au bout de son travail, dans tous les domaines est vraiment quelque chose qui me tient à coeur. Je voudrais que mes élèves éprouvent une vraie satisfaction à achever les choses.
Et il en va de même, bien entendu en arts plastiques. Alors c'est à bout de souffle que j'ai amené la plupart à finir ces forêts au loup.
Finir son travail. Ne pas s'en débarrasser. Ne pas bâcler.
Je vis quelque chose d'étrange (mais prévisible) dans ma classe: mes CP dépassent certains de mes petits CE1. Ça devait arriver, avec les 6 petits gars que j'ai et qui lisent déjà comme des grands.
Mais les autres aussi m'étonnent parfois. La production d'écrit me réjouit toujours autant, à condition d'avoir l'auteur avec soi pour m'aider à déchiffrer.
J'utilise un livre qui s'appelle "No more "I'm done"" (traduisez par: plus jamais "j'ai fini") et qui montre comment lancer les enfants dans un travail d'écriture. On met la musique, et hop, ça déclenche l'envie d'écrire.
Et surtout, ce livre apprend aux enfants que l'écriture d'un texte n'est jamais finie. Qu'on peut toujours l'améliorer, l'enrichir, raconter les détails, ajouter son point de vue, faire parler les gens, parler de ce qu'on ressent, oui, même les plus petits peuvent faire ça.
Le principe de base est de ne jamais donner de "sujet": Raconte tes vacances est donc proscrit. Ayons confiance. Les enfants savent nous raconter des histoires.
Magique. Enfin presque. Faut d'abord calmer les excités, et c'est fou ce que la BO du film "Mission" peut faire (c'est le premier disque que j'ai trouvé). 10 minutes de musique et zéro bruit, chacun écrit.
Ensuite, on nourrit les enfants d'histoires pour observer comment font les vrais auteurs.
En voilà un qui écrit en suivant le schéma des mois de l'année avec un camion qui livre des gens.
Magique: un de mes petits en difficulté décide d'écrire aussi sur le même modèle:
Lundi, je vais à l'école en camion.
mardi, mes chiens se sont barrés (j'ai corrigé par "partis")
Mercredi, je me suis cassé le bras
Jeudi, (bloqué par la fin de l'atelier écriture)....
Et tout ça par un élève qui n'écrivait RIEN avant.
On cherche les sons pour faire les mots, on épelle, on fait des fautes, on s'entr'aide.
On en est là.
Ma vie d'enseignante est palpitante. Il y a des jours où j'ai envie de m’asseoir dans un canapé et d'admirer le travail.
Et puis parfois, j'ai envie de partir en courant, parce que c'est trop dur.
Nous n'en avons pas fini avec les loups mais on ne les verra plus en peinture. Aller au bout de son travail, dans tous les domaines est vraiment quelque chose qui me tient à coeur. Je voudrais que mes élèves éprouvent une vraie satisfaction à achever les choses.
Et il en va de même, bien entendu en arts plastiques. Alors c'est à bout de souffle que j'ai amené la plupart à finir ces forêts au loup.
Finir son travail. Ne pas s'en débarrasser. Ne pas bâcler.
Je vis quelque chose d'étrange (mais prévisible) dans ma classe: mes CP dépassent certains de mes petits CE1. Ça devait arriver, avec les 6 petits gars que j'ai et qui lisent déjà comme des grands.
Mais les autres aussi m'étonnent parfois. La production d'écrit me réjouit toujours autant, à condition d'avoir l'auteur avec soi pour m'aider à déchiffrer.
J'utilise un livre qui s'appelle "No more "I'm done"" (traduisez par: plus jamais "j'ai fini") et qui montre comment lancer les enfants dans un travail d'écriture. On met la musique, et hop, ça déclenche l'envie d'écrire.
Et surtout, ce livre apprend aux enfants que l'écriture d'un texte n'est jamais finie. Qu'on peut toujours l'améliorer, l'enrichir, raconter les détails, ajouter son point de vue, faire parler les gens, parler de ce qu'on ressent, oui, même les plus petits peuvent faire ça.
Le principe de base est de ne jamais donner de "sujet": Raconte tes vacances est donc proscrit. Ayons confiance. Les enfants savent nous raconter des histoires.
Magique. Enfin presque. Faut d'abord calmer les excités, et c'est fou ce que la BO du film "Mission" peut faire (c'est le premier disque que j'ai trouvé). 10 minutes de musique et zéro bruit, chacun écrit.
Ensuite, on nourrit les enfants d'histoires pour observer comment font les vrais auteurs.
En voilà un qui écrit en suivant le schéma des mois de l'année avec un camion qui livre des gens.
Magique: un de mes petits en difficulté décide d'écrire aussi sur le même modèle:
Lundi, je vais à l'école en camion.
mardi, mes chiens se sont barrés (j'ai corrigé par "partis")
Mercredi, je me suis cassé le bras
Jeudi, (bloqué par la fin de l'atelier écriture)....
Et tout ça par un élève qui n'écrivait RIEN avant.
On cherche les sons pour faire les mots, on épelle, on fait des fautes, on s'entr'aide.
On en est là.
Ma vie d'enseignante est palpitante. Il y a des jours où j'ai envie de m’asseoir dans un canapé et d'admirer le travail.
Et puis parfois, j'ai envie de partir en courant, parce que c'est trop dur.
jeudi 31 octobre 2013
sketchbook #4 et 5: de l'autre côté du trou
Mince, je n'ai pas donné de titre à ces 2 dessins. Le thème s'éloigne s'éloigne.... C'était quoi déjà? "Atlas of". Ces deux dessins sont liés par le trou dans lequel on voit le loup noir. On ne voit pas bien, mais j'ai découpé la page. D'un côté, les couleurs, le rêve du voyage, la fantaisie, et de l'autre, le cauchemar, la nuit, le noir et gris.
Et vous savez bien, que moi, j'ai toujours peur du noir. C'est l'atlas de la peur. LA forêt. LE noir. LE loup.
C'est difficile de sortir de ce qu'on sait faire ou ce qu'on aime faire.
Martin m'a entièrement mise à jour, décodée.
Il me dit: ça, c'est toi. Les globes terrestres, les loups, les oiseaux, les baleines, les cartes routières, les couleurs (bleus, verts), les écritures, c'est TOI.
Et je crois qu'il a raison. Charlotte dit qu'il faut se forcer à faire des choses qu'on ne sait pas faire. C'est bien pour ça qu'elle étudie le design graphique. Mais moi, j'étudie pas.
Voyons ce qu'elle va faire de ce projet, car elle aussi, s'est inscrite au "Sketchbook project", le carnet vient d'arriver dans la boite aux lettres.
Et vous savez bien, que moi, j'ai toujours peur du noir. C'est l'atlas de la peur. LA forêt. LE noir. LE loup.
C'est difficile de sortir de ce qu'on sait faire ou ce qu'on aime faire.
Martin m'a entièrement mise à jour, décodée.
Il me dit: ça, c'est toi. Les globes terrestres, les loups, les oiseaux, les baleines, les cartes routières, les couleurs (bleus, verts), les écritures, c'est TOI.
Et je crois qu'il a raison. Charlotte dit qu'il faut se forcer à faire des choses qu'on ne sait pas faire. C'est bien pour ça qu'elle étudie le design graphique. Mais moi, j'étudie pas.
Voyons ce qu'elle va faire de ce projet, car elle aussi, s'est inscrite au "Sketchbook project", le carnet vient d'arriver dans la boite aux lettres.
mardi 22 octobre 2013
sketchbook # 3: des villes et des histoires...de loup
Les pages se remplissent petit à petit, c'est normal, ce sont les vacances et nous avons de nouveau investi la table de la cuisine, Charlotte et moi, pour faire nos gribouillis.
La ville semble nous inspirer. Charlotte a cousu un parcours rouge sur une ville noire, et moi j'ai enroulé une ville comme un escargot.
Je voulais vraiment une rupture avec l'école, vous savez, une coupure si franche que je ne me rappelle plus le prénom des enfants de ma classe. J'y arrive facilement d'habitude, c'est assez incroyable. Mais cette année dès que je ferme les yeux je les vois qui surgissent devant moi, tout souriants.
Et avec eux, LE LOUP. Toujours là aussi. Avec ses poils hirsutes, ses dents pointues et ses festins.
La ville semble nous inspirer. Charlotte a cousu un parcours rouge sur une ville noire, et moi j'ai enroulé une ville comme un escargot.
Je voulais vraiment une rupture avec l'école, vous savez, une coupure si franche que je ne me rappelle plus le prénom des enfants de ma classe. J'y arrive facilement d'habitude, c'est assez incroyable. Mais cette année dès que je ferme les yeux je les vois qui surgissent devant moi, tout souriants.
Et avec eux, LE LOUP. Toujours là aussi. Avec ses poils hirsutes, ses dents pointues et ses festins.
jeudi 17 octobre 2013
le ventre du loup: sketchbook project #2
J'ai ce projet en tête toute la semaine. C'est un peu obsédant mais incroyablement libérateur.
Ça me donne une sorte de double-niveau de pensées, quand le premier niveau est trop encombré de soucis d'école.
Dans la classe, je commence à voir le jour. Je vois maintenant surtout que j'ai bel et bien 6 enfants en très grande difficulté et que ça, ça me fait 3 niveaux différents. Je découvre de jour en jour l'ampleur des difficultés de certains, et ça me fait un peu peur.
Alors je me raccroche aux livres, aux histoires, aux arts plastiques, et les seuls vraiment bons moments que je passe, sereinement, avec ces enfants, c'est quand moi, je fais ce qui me plait.
Toute la semaine, nous avons parlé du Petit Chaperon Rouge, en long en large, on l'a comparé à des tas d'autres livres, et ce loup était partout, à manger des Mamies, des petites filles, des chasseurs, des lapins et bientôt, il dévorera l'oiseau de Pierre. Il était parfois cruel, parfois bête, peureux mais toujours, toujours, il était affamé.
Pendant tout ce temps, mon deuxième niveau de pensée pédalait aussi, et quand le jeudi magique est arrivé (oui le jeudi magique, c'est un jour spécial, je ne travaille pas), je n'avais plus qu'à tout mettre sur le papier.
Alors c'est l'Atlas du loup, son ventre et tout ce qui va dedans. Et il y a encore de la place pour les enfants pas sages.
Ça me donne une sorte de double-niveau de pensées, quand le premier niveau est trop encombré de soucis d'école.
Dans la classe, je commence à voir le jour. Je vois maintenant surtout que j'ai bel et bien 6 enfants en très grande difficulté et que ça, ça me fait 3 niveaux différents. Je découvre de jour en jour l'ampleur des difficultés de certains, et ça me fait un peu peur.
Alors je me raccroche aux livres, aux histoires, aux arts plastiques, et les seuls vraiment bons moments que je passe, sereinement, avec ces enfants, c'est quand moi, je fais ce qui me plait.
Toute la semaine, nous avons parlé du Petit Chaperon Rouge, en long en large, on l'a comparé à des tas d'autres livres, et ce loup était partout, à manger des Mamies, des petites filles, des chasseurs, des lapins et bientôt, il dévorera l'oiseau de Pierre. Il était parfois cruel, parfois bête, peureux mais toujours, toujours, il était affamé.
Pendant tout ce temps, mon deuxième niveau de pensée pédalait aussi, et quand le jeudi magique est arrivé (oui le jeudi magique, c'est un jour spécial, je ne travaille pas), je n'avais plus qu'à tout mettre sur le papier.
Alors c'est l'Atlas du loup, son ventre et tout ce qui va dedans. Et il y a encore de la place pour les enfants pas sages.
jeudi 10 octobre 2013
the sketchbook project #1
L'an passé, vous vous souvenez, j'avais laissé passer la date. Cette année, non. Je me suis donc inscrite au "Sketchbook project".
C'est juste parfait pour moi. Une deadline.
Je vous rappelle le principe en deux mots: un petit carnet de 32 pages blanches à remplir et à renvoyer à Brooklyn pour y être enregistré dans une bibliothèque mobile et être (peut-être) consulté lors d'un tour des Etats-Unis dans un bibliobus. Des gens du monde entier participent à ce grand projet, des gens d'Asie et d'Afrique, des classes, des artistes chevronnés, d'autres, comme moi, largement amateurs.
Pourquoi je fais ça?
Je fais ça pour exister pour moi et en dehors de mon job. Je fais ça pour combler un manque de créativité qui me torture quand je suis dévorée par ma classe, ma maison, mon oisiveté parfois. Je fais ça parce que mes enfants grandissent et que bientôt je n'aurai plus personne pour faire des choses avec moi. Je fais ça parce que je suis envieuse de leurs vies qui débutent alors que la mienne n'offre plus grand chose de nouveau, année après année.
En fait, je fais ça parce que parfois, je voudrais bien avoir eu une autre vie.
J'ai donc jusqu'au 15 janvier pour finir ce projet qui après ne m'appartiendra plus. J'ai choisi le thème "Atlas of " après avoir hésité avec "a simple place". Peu importe je crois. J'ai déjà dérapé un peu par rapport à la consigne. Cet éléphant, là, m'a été inspiré par le clip d'Antony and the Johnsons "Cut the world". Very impressive.
Ce blog sera donc la mémoire de mon sketchbook car vous l'avez compris, après le 15 janvier, il sera parti!
C'est juste parfait pour moi. Une deadline.
Je vous rappelle le principe en deux mots: un petit carnet de 32 pages blanches à remplir et à renvoyer à Brooklyn pour y être enregistré dans une bibliothèque mobile et être (peut-être) consulté lors d'un tour des Etats-Unis dans un bibliobus. Des gens du monde entier participent à ce grand projet, des gens d'Asie et d'Afrique, des classes, des artistes chevronnés, d'autres, comme moi, largement amateurs.
| Le bout du monde et la carte pour s'y rendre |
| hors sujet. L'éléphant plaque le cirque et la ville. |
Pourquoi je fais ça?
Je fais ça pour exister pour moi et en dehors de mon job. Je fais ça pour combler un manque de créativité qui me torture quand je suis dévorée par ma classe, ma maison, mon oisiveté parfois. Je fais ça parce que mes enfants grandissent et que bientôt je n'aurai plus personne pour faire des choses avec moi. Je fais ça parce que je suis envieuse de leurs vies qui débutent alors que la mienne n'offre plus grand chose de nouveau, année après année.
| Le monde selon les baleines |
J'ai donc jusqu'au 15 janvier pour finir ce projet qui après ne m'appartiendra plus. J'ai choisi le thème "Atlas of " après avoir hésité avec "a simple place". Peu importe je crois. J'ai déjà dérapé un peu par rapport à la consigne. Cet éléphant, là, m'a été inspiré par le clip d'Antony and the Johnsons "Cut the world". Very impressive.
Ce blog sera donc la mémoire de mon sketchbook car vous l'avez compris, après le 15 janvier, il sera parti!
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